Égale IT #5

Publication

L’argument bidon du jour

Climax, N 8, été 2025

copie de l’article du fanzine Climax, p.80

« La CGT a 130 piges, la FSU un logo supra-vintage, et FO donne l’impression de sortir d’un téléfilm des années 90. Autant de raisons, selon votre interlocuteur•ice, pour balayer d’un revers de la main tout le mouvement syndical. Et pourtant…

Dire que le syndicalisme n’a pas la cote aujourd’hui est un bien bel euphémisme. Il traîne dans nos esprits une image poussiéreuse, souvent associée à des clichés tenaces : grèves à répétition, drapeaux rouges agités par une poignée de militants vieillissants, luttes d’un autre temps, etc. Selon les données du ministère du travail, seuls 10,3% des salarié•es étaient syndiqués en 2023 – un des taux les plus faibles d’Europe. Chez les moins de 30 ans, ce chiffre tombe à 3%. Bref, on part de loin pour convaincre votre interlocuteur•ice que non, les syndicats ne sont pas dépassés. Mais pas d’inquiétude : la remontada qui s’annonce promet d’être magistrale.

(…) C’est généralement le moment où votre interlocuteur•ice se tortille sur sa chaise, lisse sa doudoune uniqlo et bafouille : « mmmfff, c’est peut-être hype, mais concrètement aller dans la rue agiter un drapeau, ça sert à rien, non ? ». Prenez une grande insipiration, arrive votre grande révélation : non, être syndiqué•e ne veut pas dire battre le pavé en s’époumonant sur des slogans ringards. En fait le syndicalisme, c’est quelque chose qui se vit directement au bureau, dans les couloirs, en visio.Et c’est tout simplement la meilleure façon de s’inviter à la table de négociation avec son employeur. Marre de bosser sur des projets foireux et polluants ? Syndicalisme. Envie de rééquilibrer la grille de salaires pour que Thierry arrête de s’en mettre plein les poches pendant que Cindy travaille pour trois sous ? Syndicalisme. (à vous de compléter la liste). Autrement dit, rejoindre un syndicat aujourd’hui, ce n’est pas juste défendre ses droits, c’est faire de son lieu de travail un terrain politique.

Plus largement, les syndicats sont des acteurs incontournables des grandes luttes sociales et sociétales. On leur doit d’ailleurs nos grands acquis actuels : les congés payés, la Sécu, les 35 heures, le droit à une retraite, la médecine du travail, le droit de grève (1864), et même le droit d’aller pisser sans badge. (…) La morale de l’histoire, c’est qu’à moins de ne vouloir aucun progrès social – ou d’être un gros profiteur -, il n’y a pas vraiment de raison… de ne pas se syndiquer. »

Éternel refrain

Par Denis Clerc, fondateur d’Alternatives Économiques, revue Alternatives Économiques, mars 2025.

« La source du mal gît dans l’inégalité qui existe au sein d’une même société quand des riches y jouissent de revenus décuples, centuples et cent fois centuples des revenus des pauvres. Dans une société ainsi organisée, il est impossible que l’indispensable soit produit pour tous, car cet indispensable ne trouverait pas d’acheteurs. À la grande richesse des uns, correspondra nécessairement la plus grande misère des autres »
(Auguste Ott, Traité d’économie sociale, 1851).

À peu près au même moment, Flora Tristan dénonce « ces capitalistes, ces propriétaires du sol, que les prolétaires rendent si riches par l’échange de quatorze heures de travail contre un morceau de pain, [qui] sont loin de balancer, par l’usage qu’ils font de leur fortune, les maux et désordres de tous genres qui résultent de l’accumulation des richesses dans leurs mains. Ces richesses presque toujours alimentent l’orgueil, et fournissent aux excès d’intempérance et de débauche »
(Promenades dans Londres, 1840).

Cela était écrit au milieu du XIXᵉ siècle en France. Mais on peut sans grande difficulté le transposer aux États-Unis d’aujourd’hui.

Construction du Waldorf Astoria, New York City, USA – vers 1930, domaine public

Les nouveaux serfs de l’économie dans le capitalisme du cloud

Par Yanis Varoufakis, Les liens qui nous libèrent, 2025/2023

dom. public

« Cette mutation du capital que je nomme le  capital cloud a démoli les deux piliers du capitalisme que sont les marchés et la recherche du profit. Évidemment, marchés et bénéfices restent omniprésents – d’ailleurs ils l’étaient déjà en régime féodal -, sauf que, désormais, ils ne sont plus aux commandes des opérations. Au cours des vingt dernières années, la logique du profit et celle des marchés ont été évacuées  de l’épicentre de notre système socio-économique, mises en marge. Par quoi ont-elles été remplacées ? Aux marchés, principales formes de médiation du capitalisme, se sont substituées des plateformes de commerce numériques qui ressemblent à des marchés mais n’en sont pas, et qu’il serait plus pertinent d’appréhender comme des fiefs. Et le profit, moteur du capitalisme, a laissé sa place à son prédécesseur féodal : la rente. Pour être précis, il s’agit d’une nouvelle forme de rente dont il faut s’acquitter pour avoir accès à ces plateformes, et plus largement au cloud, que je nomme la rente cloud. »

Yanis Varoufakis est un économiste grec, ancien ministre des finances du gouvernement Tsipras au moment de la crise de la dette grecque.

Censure au Texas : « Le Banquet », de Platon, jugé trop « woke » pour l’université Texas A & M

Photo illustration by Justin Morrison/Inside Higher Ed | Nice_Media_PRO/iStock/Getty Images | rawpixel

Par Marc-Olivier Bherer, Le Monde, 25/01/2026

L’université révise actuellement plus de 200 cours pour éliminer tout enseignement lié aux études de genre et de race, jugées « idéologiques » par le conseil de surveillance nommé par le gouverneur Greg Abbott, proche de Donald Trump. Un professeur de philosophie de l’université Texas A&M (80 000 étudiants) a ainsi été contraint de retirer Le Banquet de Platon de son cours sur les questions morales contemporaines.

Le Banquet est censuré parce qu’il contient un discours d’Aristophane faisant l’éloge de l’homosexualité et décrit l’humanité comme composée non seulement d’hommes et de femmes, mais aussi d’androgynes. Socrate y défend également la maïeutique, art reposant sur une part de séduction entre maître et élève.

« Cette affaire illustre bien à quel point la censure est devenue incontrôlable au Texas. Si certains textes de Platon ne peuvent plus être étudiés à l’université, qu’est-ce qui peut encore l’être ? » (Greg Lukianoff, président d’une fondation conservatrice de défense du premier amendement, dans le New York Times).

La nouvelle droite américaine prétend défendre le retour aux « grands classiques » (great books), mais censure ici l’un des textes fondateurs de la philosophie occidentale.

Le professeur Peterson s’est plié aux injonctions et abordera désormais la liberté d’expression (!)(?). L’université se défend de vouloir censurer Platon, mais « elle n’est pas la première à condamner Socrate parce qu’il corrompt la jeunesse ! », conclut l’auteur.

Ça ne va pas mieux en le disant

Ils ont analysé 600 000 bulletins de lycéens : voici comment les appréciations varient entre filles et garçons #Égalité hommes-femmes

Ouest-France / AFP, 13/01/2026

Une étude de l’Institut des politiques publiques (IPP) révèle qu’à niveau égal, les enseignants utilisent un vocabulaire différencié selon le genre des élèves dans leurs appréciations. L’analyse de 600 000 bulletins de terminale S (2013-2017) montre des stéréotypes particulièrement marqués en mathématiques. le vocabulaire genré serait « légèrement plus prononcé » chez les enseignantes.

Principaux constats :

infographie créée avec IA, à partir de cet article.

Non, la compétition exacerbée pour des diplômes désormais tout-puissants n’est pas la panacée.

Par P. Bernard, Le Monde, 01/02/2026

Pour éviter la trumpisation de la France, il faut tenter d’éviter les pièges dans lesquels sont tombés les progressistes américains. Les humiliations nées des injustices du système scolaire sont aussi un puissant vecteur du trumpisme et du lepénisme. Dans un livre éclairant, Du FN au RN. Les raisons d’un succès (PUF, 240 pages, 24 euros), les politologues Patrick Lehingue et Bernard Pudal analysent les dégâts politiques d’une démocratisation scolaire mal menée, qui conduit à la disqualification des classes populaires dans la compétition exacerbée pour des diplômes désormais tout-puissants. Aux États-Unis aussi, l’élection de Trump s’explique notamment par la fracture entre « premiers de la classe » (démocrates) et les relégués du système. Le RN prospère sur le même fossé. Les vaincus de la sélection scolaire, expliquent les auteurs, entretiennent « un rapport d’évitement de la culture (…)qui se traduit par une défiance vis-à-vis des porteurs de cette culture, les enseignants, et nourrit (…)un anti-intellectualisme que l’extrême droite ne manque pas d’activer ». La colère contre l’illusion méritocratique entretenue par une école prétendument égalitaire alimente le vote d’extrême droite. »

Pour en lire plus sur l’humiliation scolaire avec l’Observatoire des inégalités

« La situation de mon université, c’est bien du Zola » : l’alerte d’une présidente à Emmanuel Macron

Par S. Le Névé, Le Monde 27/01/2026

Anne Fraïsse, présidente de l’université Paul-Valéry à Montpellier, adresse une lettre choc à Emmanuel Macron à l’ouverture des Assises du financement des universités. Elle y dénonce une situation dramatique de sous-encadrement et une répartition opaque des moyens.

En réponse au ministre Philippe Baptiste qui avait déclaré à l’automne 2025 que la situation des universités « ce n’est pas Zola non plus », elle rétorque : « La situation de mon université, c’est bien du Zola, Monsieur le Président ».

Réalité du terrain : À Paul-Valéry, certains départements ne comptent que 40 à 50% d’enseignants titulaires. Plus de 16 500 heures sont assumées par 75 enseignants-chercheurs en quasi double service. « Que se passe-t-il quand, à la rentrée, 20 groupes de 45 étudiants n’ont pas d’enseignant dans un même département ? »

Elle dénonce aussi l’opacité : « Nous restons depuis quinze ans le seul pays d’Europe où l’argent de l’État est distribué aux universités sans critères connus, dans la plus totale opacité et injustice. Pour un étudiant de même discipline, une université peut recevoir deux fois moins qu’une autre. Pourquoi ? Personne ne le sait. »

Bilan humain alarmant : Sur cinq ans, dans cette université de 1 003 titulaires : quatre suicides, trois crises cardiaques au travail, deux AVC au bureau, sans compter les arrêts longue maladie pour burn-out.

Conclusion glaçante : « On meurt dans mon université. D’excès de travail, de stress, d’usure, de désespoir, d’indifférence », conclut-elle avant de saluer le président comme « les gladiateurs saluaient celui qui finançait les jeux : « Morituri te salutant » (« ceux qui vont mourir te saluent ») ».

Au cœur des lycées bretons, les agentes et agents d’entretien et de restauration

B, le magazine des Bretonnes et des Bretons, Région Bretagne, n 11, Hiver 2026

En Bretagne, les besoins de recrutement pour le métier d’agent.e d’entretien et de restauration sont importants. « Plus de 700 départs en retraite sont à prévoir sur les dix prochaines années », détaille la cheffe du service métiers, compétences et organisation à la Région. Le poste comprend notamment du nettoyage ainsi que de la restauration. « C’est très polyvalent », confirme Nicolas.

Radiofrance

« Si nos 77 000 lycéens sont accueillis dans des lieux rénovés, lumineux et ouverts sur la nature, c’est d’abord grâce à l’engagement de nos agents régionaux », souligne Isabelle Pellerin, vice-présidente à la Région – Lycées et vie lycéenne.

Les agent.es ont accès à un catalogue de formation en ligne, pour un métier qui est accessible à tout.e.s « sans exigence de diplôme ou de qualification préalables ». Il suffit de déposer sa candidature sur le site internet de la Région. « Nous proposons aussi bien des postes permanents que temporaires. Nous essayons autant que possible qu’ils se trouvent à moins d’une demi-heure du domicile. »

De son côté, la CGT des services publics territoriaux (dont font partie les agents d’entretien et de restauration en lycées), dénonce :

le désengagement de l’État vis-à-vis des collectivités territoriales, transférant toujours plus de charges sans les moyens correspondants.

la dégradation continue et organisée de leurs conditions de travail, conséquence directe du sous-effectif chronique et des restrictions budgétaires ;

la baisse constante du pouvoir d’achat, due au gel persistant du point d’indice et à l’insuffisance des mesures de revalorisation salariale ;

l’absence de reconnaissance de leurs missions essentielles, pourtant indispensables à la cohésion sociale et à la continuité du service public ;

la remise en cause du statut de la Fonction Publique, la précarisation accrue des agents contractuels et la généralisation de l’austérité dans les collectivités.

Retraites : les écarts femmes-hommes se mesurent à tous les niveaux

Fondation des Femmes, octobre 2025

Stéréotypes, tabou sur l’homosexualité, laïcité… L’enseignement catholique accusé de ne pas respecter le programme officiel dans certains établissements

France Info Enquête, 16/02/2026

Un cours dans un collège catholique sous contrat, en 2007.
© PIERRE VERDY / AFP

L’enquête de Franceinfo révèle que certains établissements de l’enseignement catholique s’affranchissent des programmes officiels sur la laïcité et l’éducation à la sexualité, notamment par le biais d’associations intervenantes. Les principales dérives constatées concernent l’éducation à la vie affective et aux relations sexuelles, autrement dit le programme EVARS. Petit florilège des associations mises en cause :

  • CycloShow organise des ateliers non-mixtes centrés sur des rôles genrés stéréotypés : les filles y sont présentées comme des « arbres de fertilité », les garçons comme « géniteurs futurs », alors que le programme vise justement à lutter contre ces stéréotypes.
  • Arpe donne des informations erronées sur l’IVG (insistance sur de prétendues séquelles psychologiques et physiques), omet de mentionner le Planning familial et évite d’aborder l’homosexualité même quand les élèves posent des questions.
  • Com je t’aime tient un discours culpabilisant envers les filles qui « ne doivent pas provoquer les pulsions des garçons », promeut uniquement la contraception naturelle et ne mentionne ni la pilule, ni l’avortement, ni les IST.

En Alsace, un prêtre a assuré une formation destinée aux enseignants sur la laïcité, les invitant à évoquer leur foi pendant les cours. Une enseignante a dénoncé cette « dérive problématique » au rectorat et au ministère, restés silencieux.

Le ministère de l’Éducation rappelle pourtant que le programme Evars s’impose intégralement à tous les établissements, publics comme privés sous contrat, et que les enseignants doivent en avoir la responsabilité pédagogique. Or, dans les cas rapportés, les professeurs sont écartés au profit d’intervenants associatifs…

Suicide de Caroline Grandjean. Une « réparation financière » de l’Education nationale : Cet « argent sale » du ministère ne « me fera pas taire », réagit sa veuve.

France3Régions/Franceinfo, 11/02/2026

Il y a cinq mois, Caroline Grandjean, directrice d’une école dans un village du Cantal s’est suicidée, victime de harcèlement homophobe. Ce mardi, le ministère de l’Éducation nationale a proposé une « réparation financière » à sa veuve après qu’une enquête administrative a pointé des « défaillances institutionnelles ». Mais sa compagne refuse de s’arrêter là.

« Christine Paccoud dit avoir d’abord perçu cette annonce de compensation financière comme une tentative pour l’”apaiser”.“…comme si c’était pour me calmer, en me disant : on va lui donner des sous, peut-être qu’elle arrêtera de crier sa colère partout”, confie-t-elle. (…)

Une première étape pour Christine Paccoud, mais loin d’être suffisante. Elle affirme vouloir que soient établies des “responsabilités individuelles”, au-delà de la seule responsabilité institutionnelle reconnue.

Pour rappel, depuis septembre 2023, Caroline Grandjean était la cible d’attaques et d’insultes lesbophobes. Des tags tels que « sale gouine » ou « gouine = pédophile » avaient notamment été découverts sur les murs de son école. Sa compagne avait rapidement dénoncé un “manque de soutien de l’Éducation nationale”, estimant que l’isolement et certaines décisions administratives avaient contribué à la détresse de l’enseignante.

Devant les députés, Édouard Geffray a évoqué “une succession de micro-décisions (…) administrativo-bureaucratiques”, assurant qu’il n’y avait “très clairement pas eu de volonté de nuire”, ni de “faute particulière d’une personne identifiée”. “Ne pas répondre et ne pas lui tendre la main, est-ce que ce n’est pas nuire ?”, s’interroge Christine Paccoud, en réaction aux propos du ministre. Elle fait notamment référence à deux courriers qui auraient été adressés en juin par les syndicats à la direction académique puis à la rectrice, restés selon elle sans réponse. Ces lettres auraient demandé l’attribution à Caroline Grandjean d’une bonification de 100 points, présentée comme une reconnaissance de sa situation de victime. “Dans le premier courrier, le syndicat écrivait que la santé et la vie de l’enseignante étaient en danger”, souligne-t-elle, rappelant qu’une tentative de suicide avait eu lieu le 16 juin dernier.« 

Masculinisme

d’après L’Humanité, 21/01/2026

La France vit une radicalisation « massive, tangible et largement sous-estimée ».10 millions de personnes partagent désormais « une grande partie des idées qui constituent l’idéologie masculiniste » et « adhèrent au sexisme hostile », selon l’alerte donnée par le Haut Conseil de l’Égalité dans son rapport annuel sur l’état des lieux du sexisme en France, publié le 21 janvier 2026. Au IIe siècle avant notre ère, Caton l’Ancien assurait déjà que les femmes écrasaient les hommes parce qu’elles voulaient conduire des chars. », rappelle Francis Dupuis-Deri, auteur de « La crise de la masculinité. Autopsie d’un mythe tenace » (Points, 2022)…

Le rapport annuel du Haut Conseil à l’égalité (HCE) alerte sur un sexisme hostile qui peut désormais s’inscrire dans des mobilisations idéologiques collectives. Il invite les pouvoirs publics à prendre en compte les risques sécuritaires qui en découlent Comment définir et mieux appréhender ce risque ? L’analyse de la chercheuse Laura Verquère. Il y a un regain d’attention récent assez fort sur les masculinismes, surtout depuis la tentative d’attentat d’un jeune garçon en juillet 2025 à Saint-Étienne. On a commencé à parler notamment de la communauté incel (des célibataires involontaires), à laquelle il appartenait. À chaque événement, il y a une attention médiatique, puis politique. On retrouve ce même circuit au Royaume-Uni après la diffusion de la série télévisée Adolescence. Elle a beaucoup été commentée dans les médias, puis un débat s’en est suivi au Parlement. (…)

Il faut définir le mouvement masculiniste.

Les masculinistes n’expriment pas seulement des idées misogynes. Si on y retrouve une haine des femmes dans le quotidien, le masculinisme renvoie à des mouvements structurés autour d’idéologies avec un projet de combattre les femmes qui défendent leurs droits. Il s’agit de mouvements politiques, qui se structurent hors ligne, comme les mouvements de pères autour de la revendication de la garde alternée, ou en ligne, avec des communautés aux intérêts variés mais fédérés par la haine des femmes et des féministes. On parle des masculinistes, au pluriel, et de manosphère. C’est un ensemble d’espaces hétérogènes qui peut prendre des formes et des revendications assez variées.

Documentaire « Soulèvements » par Thomas Lacoste (11/02/2026).

À pied d’œuvre, par Valérie Donzelli (2026)

Bastien Bouillon (Paul Marquet) dans « A pied d’œuvre », de Valérie Donzelli. CHRISTINE TAMALET/DIAPHANA DISTRIBUTION

Ce film raconte la double vie d’un écrivain qui s’inscrit sur des plateformes de service à domicile pour survivre, et interroge l’ubérisation de la société. « Présente-toi en huit secondes. Ajoute une photo pour augmenter tes chances. N’oublie pas que tu seras noté, ne mens pas. ». Tout est dit. Pour faire le tour des visions de cinéastes sur le monde du travail, jetez un oeil sur le programme du 16e Festival International Filmer le Travail 2026.

BD « Par ailleurs »

par Lisa Mandel, éd. Exemplaires

Bad Bunny au Super Bowl contre les MAGA

D’après Le Nouvel Obs, n°3203, 05/02/2026

Dimanche 8 février, Bad Bunny (Benito Antonio Martinez Ocasio) a fait résonner l’espagnol au coeur du Super Bowl. Une révolution attendue par 58 millions de Latinos enfin représentés sur la plus grande scène des États-Unis. Le Portoricain aux dizaines de milliards d’écoutes y a déversé ses dembow dominicain, mambo cubain et salsa portoricaine devant une nation divisée. Trump l’a qualifié d' »absolument ridicule », mais Bad Bunny n’a pas plié. Il a signé un des concerts les plus politiques de la mi-temps de la finale du championnat de football américain. Un blitz culturel contre tous les pourfendeurs du vivre ensemble. (spoiler : les herbes sont des costumes portés par des centaines de figurants !)

En contrepoint, pour mieux saisir ce qui se joue dans la société américaine, le super documentaire « High School radical : retour chez mes potes trumpistes » de Maxime Laulom