Communiqué CGT Éduc’action 56

Communication Conditions de Travail

Les conditions de travail des personnel·les de l’Éducation Nationale se dégradent. Ce n’est pas un scoop. Mais la hiérarchie de l’Éducation Nationale s’emploie à les minimiser, voire les silencier.

Les personnel·les administratifs subissent une réglementation qui se complexifie et une multiplication des tâches, alors que leurs effectifs stagnent ou diminuent. Les personnel·les de vie scolaire, en charge de la vie quotidienne des élèves, sont confronté·es à une dégradation constante de la santé mentale des jeunes, et à une banalisation de la violence et des incivilités, alors que le nombre de postes de CPE n’évolue pas, et que les postes d’AED diminuent (-50 en 5 ans dans l’académie). Les enseignant·es, à qui l’on demande un accompagnement de plus en plus personnalisé tout en enseignant dans des classes parmi les plus chargées d’Europe, voient leurs missions se multiplier. Les AESH, qui bien souvent portent l’inclusion scolaire à bout de bras, sont maintenu·es dans la précarité.

Cela a également pour effet de tendre les relations entre des personnel·les, à qui l’on demande de faire plus avec moins, et une hiérarchie chargée de mettre en œuvre la rigueur budgétaire d’une manière d’autant plus autoritaire qu’une telle rigueur apparaît de moins en moins légitime.

Mais cette souffrance psychique, qui laisse peu de trace visible, n’est pas prise au sérieux par l’institution qui s’en protège légalement, ou la disqualifie, ou encore l’invisibilise :

  • Les Pôle d’appui à la scolarité traitent administrativement les difficultés posées par l’inclusion, sans apporter de réelles solutions aux élèves et aux enseignant·es. Ainsi l’institution se protège, en donnant l’illusion d’assumer son obligation légale d’assurer la sécurité des personnel·les et l’accueil des élèves en situation de handicap. 
  •  L’expression du mal-être par les personnel·les est disqualifiée :
    • d’abord, lorsqu’on reproche à ces derniers de rédiger sur le RSST des fiches « légères », ou « syndicales » ; 
    • ensuite, lorsqu’on psychologise et individualise une souffrance créée par des conditions de travail objectivement dégradées ; 
    • enfin, lorsque l’institution refuse de reconnaître un problème structurel dans des relations avec la hiérarchie, dont on observe le caractère délétère dans de plus en plus d’établissements, notamment en collèges, lycées et lycées professionnels (autoritarisme, communication défaillante ou absente, non-prise en compte des remontées des personne·les, attitude variable en fonction des personnel·les…).
  • L’institution cherche à invisibiliser cette souffrance en durcissant les règles d’utilisation du Registre Sécurité Santé  et Conditions de travail (certaines fiches ont été supprimées d’autorité car elles évoquaient la fonction du supérieur N+1 !) rendant ainsi impossible l’expression de cette souffrance dans des conditions d’intelligibilité minimales.
image CGT Educ’action 56, avec IA
  • Les personnel·les recourent aux arrêts maladie ordinaires pour tenir le coup en lieu et place d’accidents de travail.
  • La reconnaissance de maladie professionnelle est entravée par des démarches interminables.
  • Les personnels songent de plus en plus à quitter l’Éducation Nationale : demandes de détachement, démissions, ruptures conventionnelles, non-reconductions de son contrat pour les contractuel.es

Force est pourtant de constater aujourd’hui que non seulement l’employeur Éducation Nationale 

  • n’assume pas cette obligation, 
  • mais qu’il est responsable de l’atteinte à la santé mentale des personnels, 
  • et qu’au lieu d’y remédier, il cherche à se protéger légalement des manquements à ses obligations.

…3 éléments sur lesquels 

compte notre employeur pour que rien ne bouge. 

Telle semble être la politique de notre hiérarchie. 

Les militants et militantes de la CGT-Éduc’action 56 ne laisseront pas faire. 

Nous appelons tous les personnels à se protéger et à s’organiser.  

Aller au travail ne doit pas nuire à notre santé physique et mentale. 

Notre employeur en est pénalement responsable, comme la loi l’indique. 

Notre syndicat est là pour défendre au quotidien les conditions de travail. C’est sa raison d’être. 

N’hésitez pas à nous contacter.

CGT éduc’action 56

3 Bd COSMAO DUMANOIR 56100 LORIENT

Mel Santé/Sécurité et Conditions de Travail : sst56@cgteduc.fr